La marche mondiale
contre le travail des enfants
accueillie à l'Unesco
L'Unesco a ouvert ses portes
samedi pour recevoir les Marcheurs acclamés par les enfants venus
de toute la France.
"Nous sommes ici pour dire notre colère pour que la terre soit
plus légère" expliquait l'écrivain Alain Serre.
Aude, jeune reporter de l'Agence de presse des
enfants s'est entretenue avec Kailash Satyarthi, directeur de SACCS, une
association indienne et président international de la Marche mondiale.
- Quand avez-vous eu l'idée de la Marche
?
- Il y a deux ans, j'ai commencé à
organiser des marches en Inde. Cela a pris une ampleur terrible et aujourd'hui
nous avons le soutien des gouvernements, des présidents.
Ce qui est bien en ce moment c'est d'avoir fait venir des enfants. C'est
important qu'ils soient présents.
- Qui sont ces enfants ?
- Ces enfants sont un peu des exemples. Ils commencent
à recevoir une éducation après avoir travaillé
très jeune.
- Quels sujets avez-vous abordés avec le
Président français ?
- Nous avons particulièrement parlé
de l'éducation des enfants et de la création de nouvelles
écoles. Les pays riches peuvent aider ces programmes d'éducation.
- Qu'attendez-vous de la réunion du Bureau
International du Travail en juin ?
- Nous soutenons le programme du BIT contre le
travail des enfants et le BIT soutient notre action.

Le rassemblement organisé à l'Unesco
par le "Secours populaire" permet aux écoliers de rencontrer
les "marcheurs" et de les interroger lors d'une brève conférence.
Voici les quelques questions auxquelles la Marche a répondu.
- Pourquoi voit-on des enfants obligés de travailler, de se prostituer...?
- Michel Bonnet, coordinateur de la Marche en France: "Plus on est
grand et plus on veut écraser les petits, alors les petits doivent
se mettre debout pour empêcher les grands de les écraser.(...)
C'est la loi de la jungle, mais on ne veut plus de la jungle, on veut un
jardin. "
- Et si ce que vous faites ne marche pas, recommencerez-vous?
- M. Bonnet: "Ta question ne vaut rien car ça marche! 98 pays
sont mobilisés, et vous aussi! Ni nous, ni vous n'allons nous arrêter.
- Pourquoi les enfants travaillent-ils?
- Maritsa Del Rosario Orrego Lagos,15 ans, Chili, travaillait dans un supermarché:
"C'est souvent par nécessité, par pauvreté. Les
parents sont morts et ils deviennent responsables de leur famille. Ils deviennent
les adultes de leur famille.
- Les marcheurs vont-ils à l'école?
- Velùcia Leào, Brésil, 14 ans, travailleuse en plantations:
"Je ne suis jamais allée à l'école consécutivement,
c'était impossible d'apprendre, pareil pour mes copains. Mais je
suis maintenant dans un programme gouvernemental qui enlève les enfants
du travail (mi-temps travail, mi-temps école) alors il y a de l'espoir
pour les enfants d'étudier et de se développer normalement."
- Quelles sont les conditions de travail?
- Raimondo Da Conceiçào,13 ans, Brésil: "Je travaillais
11 heures par jour. Aujourd'hui, je suis à l'école et j'ai
une bourse pour étudier...je donne l'argent à ma mère."
Après cet entretien trop court, la marche
repart, direction la Défense.
Propos recueillis par Aude