La Pénitentiaire de Belle-Ile

Jacques Bourquin, historien (Ministère de la Justice) auteur d'un
film sur la colonie pénitentiaire de Belle-Ile répond aux
questions des jeunes reporters.
- D'où vous est venu l'idée de construire
ce film ?
- Depuis des années nous avons travaillé sur ce projet,puis
nous avons décidé de construire ce film en y instorent des
témoignages.
- Que deviennent les hommes après vingt-et un ans?
- Après vingt- et un ans, majeurs, les colons, libérés
partent au service millitaire.
-Quels étaient leurs punitions?
- Première punition : pain sec; seconde punition :pain sec et lit
de camp; troisième punition : peloton de discipline ; quatrième
punition : cellule ; cinquième punition : renvoi (vers un lieu de
détention plus dur).
- En quoi consistait leur travail ?
- Lever : cinq heures, ils travaillaient huit heures en été;
six heures en hiver, une heure de récré par jour. Le travail
consistait surtout en un travail physique. Travail voulait dire punition.
- Pouvez-vous nous parler des abus sexuels ?
- C'est difficile d'en parler, il y avait sans doute des abus, mais les
gardes restaient silencieux. Nous savons qu'il y avait aussi des cas d'
homosexualité car il n'y avait que des hommes.
Propos recueillis par
Anthony 13 ans (Val de Marne), Romain, 13 ans (Hauts-de Seine), David, 14
ans (Val-de-Marne)
L'histoire du bagne

Photo : au réfectoire
Le pénitencier connu sous le nom de Haute-Boulogne
est créé en 1880. Il enferme les jeunes d'au moins treize
ans condamnés à des peines de 6 mois à 2 ans ainsi
que des adolescents détenus jusqu'à leurs 16 ans ou à
leurs 21 ans.
En 1902 la colonie pénitentiaire de Belle-Ile installée à
côté de la Citadelle (Le Palais) est agrandie pour accuellir
davantage de détenus, notamment dans la section agricole. Le Ministère
de la Justice fait en effet l'acquistion du domaine de Bruté,117
hectares situés à cinq kilomètres à l'intérieur
de l'île. L'effectif global du pénitencier est porté
à 320 pensionnaires dont une centaine pour la section maritime de
Haute-Boulogne.
Il faudra attendre 1940 pour voir la fin dans les textes de ce que l'on
appelait désormais des bagnes d'enfants. La "maison" de
Belle-Ile alors devenue "institut public d'éducation surveillée"
(IPES) fonctionnera encore quatre années.
A la Libération en 1945, l'institut est
évacué puis Haute Boulogne reprend du service en accueillant
des mineurs coupables d'avoir appartenus à la Milice installée
en France par les nazis pendant l'Occupation ou la division SS "Charlemagne".
Fin 1947, l'IPES rouvre ses portes mais devenu indépendante de l'administration
pénitentiaire depuis 1945, l'institution est désormais sous
un régime assoupli, l'éducatif remplaçant peu à
peu le répressif.
L'internat de sinistre mémoire ferme définitivement ses portes
en 1977.

Photo : les colons partent en mer
Texte : Anthony d'après la revue "Chasse-marée",
numéro de septembre 1997
Le Bal de La Pénitentiaire
D'anciens colons témoignent