Quels énormes efforts ont été demandés aux élèves
de 4ème E du collège Ronsard à Limoges!Arezki Mellal,
auteur algérien de 52 ans, vit avec sa famille à Alger. Il
est présent au Festival en tant qu'auteur invité.
- L'Espiègle : Est-ce la première fois que vous venez au Festival
?
- Arezki Mellal : Au Festival oui, mais je suis déjà venu à
Limoges en résidence d'écriture pendant trois mois au printemps
2002.
- Qu'avez-vous fait pendant ces trois mois ?
- Des idées ont mûri pour les deux pièces de théâtre
et le roman que j'écris en ce moment. J'ai écrit un texte de
quatre pages sur Oradour , qui a été lu au Festival d'Avignon
cet été. J'ai également participé à des
rencontres avec des étudiants et des associations.
- Est-ce-que votre métier d'auteur vous suffit pour vivre ?
- Non, je suis graphiste, métier qui se situe entre le manuscrit et
le livre imprimé.
- Comment naît un texte ?
- J'y pense pendant des mois et des mois. Il y a toute une période
de gestation, où je prends des notes. Pour moi, l'écriture
est un acte d'une très grande solitude. Par contre je
discute de ce que j'écris avec des amis très proches.
Graziella, 13 ansJennifer, 13 ans
Comment entrer en résidence dans la maison des auteurs ?
Pour être accepté dans ce lieu très demandé il
faut : un projet d'écriture, une lettre de motivation, un justificatif
de ressources (Béatrice Canté qui s'occupe des auteurs en résidence
répond aux questions que vous vous posez). Chaque année 12
auteurs sont choisis par le comité de lecture parmi deux cents cinquante
candidats. Ils doivent impérativement produire des textes écrits
en français.
Il y a trois studios équipés dans la résidence, à
Limoges, pour trois auteurs par trimestre. Au rez-de chaussée, un
salon avec une bibliothèque et un ordinateur, une cuisine
aménagée sont des lieux de rencontre. Les locaux sont accueillants,
clairs donnant sur une cour intérieure. Avec la bourse dont
ils disposent (5000 euros : 33000 francs au total), les auteurs donnent une
indemnité pour le logement et peuvent payer leurs frais de séjour,
certains doivent aussi en payer leur billet d'avion.
Etre en résidence c'est une chance mais ce n'est pas forcément
des vacances.
Farid, 14ans Laetitia ,14ans Frederic, 14 ans
Cinq lycéens marocains et leur professeur de français ont été
choisis pour venir à Limoges grâce à l'Institut français
qui leur a proposé de voir le 19ème Festival International
des Théâtres Francophones en Limousin. Ils viennent du lycée
OTMAN BEN AFFANE à Casablanca. C'est une classe OLF (option langue
française). Au Maroc, ils étudient la littérature française
(Balzac, Molière et Pagnol...) et des livres de la littérature
maghrébine. Ils ont réalisé une page internet sur V.
Hugo ; ils reçoivent de nombreux auteurs et ils vont souvent au théâtre.
A les écouter, on voit qu’ils adorent vraiment le théâtre.
En France ils découvrent un théâtre différent.
Au Maroc, le symbole de leur sens du spectacle et du partage, c'est la place
Djemââ El Fna , à Marrakech. Là, des conteurs,
des charmeurs de serpents et des musiciens font leurs numéros, encerclés
par de nombreux touristes venus du monde entier. Le festival leur plaît,
ils ont visité Limoges et ils trouvent cette ville très jolie.
Et pour conclure, cette rencontre nous a beaucoup apporté (et même
des cadeaux, quelques mots de leur langue...). Nous avons rencontré
des jeunes chaleureux et sympathiques, nous aurions souhaité rester
plusieurs heures avec eux.
A quand un voyage au Maroc ?
BAPTISTE 14 ANS, FREDERIC 14 ANS ET YOHANN 14 ANS
« La haine » |
« Ils sont si chargés et sans chaussures » |
La pièce intitulée "Au delà des rails", jouée
par 10 acteurs Tunisiens, raconte la vie de pauvres chômeurs. Par leur
création artistique, ils expriment l'envie de sortir de cette
misère. Ils ont l’impression d'être enfermés dans une
cage comme des cobayes. Malheureusement ils n'arrivent pas à se sortir
de cet enfer.