Editorial
Montmartre est connu du monde entier. Le Sacré-Cœur
et les peintres de la Place du Tertre ont traversé les océans
et Amélie Poulain a récemment consacré tous ces lieux
mythiques. Mais il existe aussi le Montmartre de ses habitants, de ses
enfants. On peut y naître, y vivre et y mourir, comme dans n’importe
quel petit village de nos campagnes. On peut s’y rencontrer ou s’y
apostropher comme à La Mascotte, mélange de bistrot auvergnat
et de brasserie parisienne, où règne un sympathique parfum
de terroir. On peut aussi se cacher dans ses rues tortueuses. La discrétion
et le respect de l’autre mettent à l’abri de l’importun des gens
très célèbres. Toute relative, la mise à distance
n’exclue pas les rencontres. Les petits journalistes de l’école
de la rue Lepic en ont fait la si agréable expérience avec
Jacques Bonnaffé. Ils ont su aussi nous montrer toute la passion
du cinéma que dégage Le Studio 28, un de ces petits cinémas
de quartier qui, non content d’être chargé d’histoire, en
assure aussi la vitalité culturelle. Certes, nos petits reporters
n’ont pas su résister à la tentation d’aller fouiner dans
les coulisses du Moulin Rouge, ils n’ont pas su éviter la visite
de l’un des hauts lieux du vignoble français mais, accordons leur
ce mérite, ils nous ont entraînés dans l’une des casernes
de pompiers les plus sollicitées de Paris, et nous ont fait découvrir
le tout nouvel hôpital gériatrique Bretonneau, dont les pensionnaires
sont accueillis comme nulle part ailleurs.
Christian Estève, instituteur rue Lepic