- Par rapport à la première
vague de world music il fallait venir en France pour réussir. Maintenant
on peut rester à Dakar par exemple ?
- J'ai toujours refusé d'immigrer.
On a bâti notre popularité dans le pays, on peut faire le tour
du monde et revenir.
- Tu viens de Dakar où le rap ça
devient quelque chose d'incroyable au Sénégal.
- On a le "tasous" au Sénégal c'est pareil au rap
et ça existe depuis toujours c'est facile pour les Sénégalais
et pour faire du rap il n'y a pas besoin de beaucoup d'instruments.
- Quand tu as commencé il fallait des moyens maintenant ça
a changé ?
- C'est une révolution et les jeunes ont tendance à le faire
partout et on pas besoin de guitare ou autres instruments.
- "Positive black soul" est venu en France, toi tu as travaillé
avec Yves Simon, Roda-Gill, Mariane Faithfull, c'est une nécessité
?
- Ca fait partie de ma démarche cette ouverture ça ne peut
qu' encourager la musique mondiale.
Il y a juste des problèmes de planning mais même à Lugano
on a pu faire quelque chose avec Stéphane Eicher.
- La musique, ça repart en Afrique ?
- Oui quand tu fais de la musique maintenant c'est pour le monde entier;
en Afrique la K7 marche fort parce que le pays est pauvre mais le CD se
développe aussi.
- Tu enregistres chez Barckay en cd et chez toi tu fais des K7 ?
- N'oublie pas qu'on est africain et que l'on a des choses à faire
spécialement; tous les mois il faut du nouveau, le public consomme
plus et veut du pur et dur.
- On a envie ici d'entendre tes tubes d'Afrique
francophone.
- Je fais de la musique pour le monde entier et si la maison de disque veut,
elle prend, j'ai enregisté16 albums et il n'y a que 3 Cd seulement
en marché international. On vient de me découvrir ! Bon, en
général en Afrique les K7 sortent avec 6 titres seulement.
- Tu as un côté folk, il y
a aussi un public blues en Afrqiue. Ca plait aux enfants.
- Dieu m'a donné la force d'en avoir 4, j'adore et avoir un public
d'enfants c'est important.
- Tu as toujours ta méthode de travail, un thé l'après-midi
et tu écris ?
- Ca vient comme ça et surtout après le déjeuner pour
écrire et composer. Ici en France il fait très froid et rien
ne vient, ici je suis foutu !!
- A Dakar il reste toujours le Super Diabono de Dakar...
- Il reste une référence pour moi, un groupe avec lequel j'ai
pu approcher la musique.
- Tu enregistres à Dakar ?
- A Dakar ou ailleurs, Paris ou le Zaïre. Pour moi c'est plus agréable
de travailler à Dakar où je sens les miens.
- Et maintenant ?
- Je retourne en tournée en Afrique.
Et puis, il y a souvent des concerts très grands en fin d'année
mais c'est dur parce que c'est très taxé !!
- Ce soir on sera à ton concert et si Mariane Faithfull ne vient
pas, on t'emmène la voir à son concert pour que vous nous
fassiez un duo ....
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