
Le jeudi 17 juillet, nous sommes allés visiter l'usine Mercier.
Nous avons été accueillis par un homme d'une soixantaine d'années,
très gentil et serviable et avec l'air díaimer son métier.
Il a répondu à toutes nos questions sans tabous. Apparemment,
il a pris sa retraite, mais viens faire de temps en temps, nous a-t-il dit,
des petits tours à l'usine.
Il la connaît très bien et la fait visiter aux touristes parfois.
L'usine date d'avant la guerre. Au départ, c'était une forgerie
qui produisait exclusivement des tables, des chaises, etc... Puis, plus
tard, elle commença à produire des cadres.
Vers 1968, la production de vélos commence sous l'appellation France-Loire.
En 1983, France-Loire fait faillite. L'usine est rachetée par un
groupe. Elle marche 6 mois, puis dépose pour la seconde fois le bilan.
En 1984, elle est reprise par ses salariés.
Quelques années plus tard, ATAG -groupe Européen Hollandais-
rachète líusine. Ce groupe comprend Hercules, Doos, Batarris
et Lapierre.
Il y a 2 ans, un directeur trop ambitieux a voulu sponsoriser un groupe
cycliste professionnel au Tour de France : SEM France Loire. Cela ne marche
pas et aboutit à la fermeture de l'usine en 1995. Plusieurs années
auparavant, Mercier fabriquait lui-même ses cadres et ses fourches,
mais, très vite, les dirigeants se sont aperçus qu'ils leur
coûterait moins cher de les importer d'usines étrangères
(chinoises). Depuis, les trois quarts des pièces de vélos
ne viennent pas de France.

photo : St Etienne fabrique et aime le vélo
Avec ses 80 employés, l'usine Mercier fabrique
à St Etienne environ 700 vélos par jours, ce qui représente
110000 vélos par an avec les congés. Ce n'est pas plus qu'il
y a quinze ans. Sur ces 110000 vélos, environ 108700 sont des VTT
(Vélos Tous Terrains) et quelques VTC (Vélos Tous Chemins).
Ces derniers possèdent une roue plus grande, des pneus intermédiaires
et sont de plus en plus fabriqués.
Parfois, Mercier construit ses vélos à la chaîne, à
la demande du client, il peut même fabriquer des cadres si le client
y met le prix.
Ses principaux concurrents français sont Peugeot, MBK et Gitanes.
Ses principaux clients sont les grands magasins Auchan, Casino et Leclerc.
Lorsque ceux-ci veulent commander, ils demandent tels vélos pour
telle année. Ensuite, Mercier leur envoie petit à petit les
vélos de la couleur et de la marque qu'ils désirent jusqu'à
leur commande complète.
Parfois, d'autres usines concurrentes sont en difficultés, par exemple,
une de leur livraison est en retard, ce qui bouleverse totalement la production.
Alors, Mercier leur prête gracieusement ce qui leur manque, sachant
parfaitement toutefois que les trois quarts du temps, le matériel
rendu est de qualité bien inférieure à celui prêté.
Tout d'abord, des moyeux séparés et des rayons sont amenés
à quatre personnes. Ces personnes préparent les moyeux et
les accrochent aux rayons, puis attachent ces derniers entre eux. Ensuite,
l'ensemble est envoyé à deux personnes sur deux machines semi-automatiques.
Celles-ci disposent les rayons et les moyeux à la place qui leur
est destinée sur la machine. Cette dernière enserre les rayons
dans des jantes. Mais les roues ainsi préparées sont encore
bien trop fragiles. Il faut donc qu'une autre machine semi-automatique s'occupe
de les consolider. Ensuite, pour éviter que la roue ne soit voilée
à la vente, on teste leurs tolérances voile et saut dans une
machine entièrement automatique. Elle est chargée de corriger
cette tolérance si possible. Sinon, un controleur arrive et corrige
le défaut de la roue manuellement. Enfin, la roue est dirigée
vers deux hommes. L'un est chargé de poser un fond de jante destiné
à protéger la chambre à air des têtes de jantes.
L'autre homme pose un pneu sur le tout. Ca y est, la roue est prête
!
Lorsque le vélo est entièrement monté, il est envoyé
aux clients. Il est mit dans un carton ou un plastique que l'on chauffe
pour qu'il durcisse et épouse bien la forme du vélo. Il n'y
a que deux choses que Mercier ne monte pas sur ses vélos, mais il
les fournit et le grand magasin qui reçoit le vélo est chargé
de les monter. Il s'agit des pédales (car elles risquent de trouer
l'emballage et d'abîmer les vélos voisins) et le phare avant
(car il risque de tomber et de se casser). C'est à cause de cela
que lorsqu'un grand magasin vend un vélo, il doit d'abord le sortir
de l'emballage pour que le client soit bien sur que tout est monté.
En conclusion, l'usine Mercier, malgré ses nombreux changements de
propriétaire et dépôts de bilan, et bien qu'elle ne
soit plus dans le Tour, à su rester dans la course et s'adapter au
monde moderne en se mettant à la fabrique intensive des VTT.
Reportage de David