Stromboli : le spectacle vaut l'ascension
De notre campement de Canneto, sur l'île de Lipari, le Stromboli nous
apparaissait à tous comme un immense iceberg couvert de cendre. Et
c'est dans cette optique d'imposante masse sortie du fond de la Méditerranée
que notre bateau accosta au pied du volcan vers dix sept heures. Le temps
de trouver un guide et de s'équiper de casques et de lampes, et l'ascension
débutait dans un climat d'appréhension et de tension face à
l'élément que nous nous apprêtions à défier.
Une fois la traversée du village effectuée, notre environnement
se constituait principalement d'herbes hautes et
l'étroit chemin pavé parraissait serpenter sans fin dans la
montagne. Peu à peu, notre altitude par rapport au niveau de la mer
qui nous entourait augmentait jusqu'à atteindre un point où
notre chemin devint plus escarpé.
C'est enfin aux environs de neuf heures que notre calvaire s'interrompit
dans une zone où nous pûmes nous restaurer tout en savourant
le magnifique spectacle qu'allait nous offrir le Stromboli.
Dans une fumée devenue de plus en plus envahissante avec la lente
disparition d'un vent fort, qui nous avait fouetté le visage tout
au long de la montée, et dans la soudaine fraicheur, qui suit immédiatement
dans cette région le coucher du soleil, nous vîmes plusieurs
explosions qui témoignèrent de l'activité toujours intense
de ce volcan.
Dans un cimetière de cendres et de roches nous allumèrent nos
lampes de façon à distinguer le sol, et notre lente procession
reprit. Arrivés au sommet dans cette ambiance opaque, quelques conseils
nous furent prodigués et des masques distribués, nous permettant
d'amorcer la descente. Nous descendîmes en une demi-heure de quatre
cents cinquante mètres, puis notre périple se fit dans les
bambous jonchant la fin de notre parcours.
Une fois les premières habitations rencontrées, nous prîmes
conscience de l'effort réalisé tout en nous félicitant
mutuellement. Il était minuit quand nous reprîmes le bateau
dans lequel nous nous sommes littéralement écroulés.
Sébastien, 17 ans
Laurent, 16 ans