Sur le ferry venant de Naples, encore dans un profond sommeil, j'entends
des hurlements, des cognements de portes. Tout ce brouhaha suffit tout
juste à me sortir de mes rêves. Je compris alors que les côtes de Lipari
devaient se mélanger au paysage monotone de l'horizon marin.
Sur
le pont le spectacle était merveilleux, je fus même surprise.
C'était un spectacle de couleurs, d'abord le bleu de la mer se mit
à prendre plusieurs nuances différentes, ce bleu pourrait être aussi noir
qu'une nuit sans lune et qui indiquait une grande profondeur.
Mais le plus beau était ce vert turquoise que prenait l'eau par-ci
par-la et qui nous laissait deviner des récifs uniques.
En fait, je sus à ce moment que Lipari serait l'île des passions.
Nos premier pas sur cette délicieuse ile, chargés de nos sacs, furent
plus difficiles.
Les rues de Lipari sont toutes pavées, certaines sont plus étroites,
paraissent plus populaires, les fils de linge qui peuvent pendre au-dessus
de vos têtes, le tout agrémenté par un système de poulies des plus élaboré
nous laissent sourire.
Le drapeau italien flotte à certains balcons, probablement signe patriotique
d'une certaine festivité sportive se déroulant dans un pays, la France,
qui nous paraissait si loin déjà !
Un petit détail qui peut avoir son importance, à Lipari : aucune rue
n'est plate !
Ce que je vous dis peut vous déconcerter, mais à Lipari comme dans
tout le sud italien les rues ne supportent pas la monotonie des marches.
Tout ceci explique les milliers de scooters qui déambulent dans les rues.
Les promenades ici sont des plus agréables, la population autochtone
composée par les commerçants et pêcheurs est des plus charmante. Serviable,
gentille avec sortant de leur bouche cette sublime langue qu'est l'italien.
Baignées par cette musique de langue, les rues s'animent. On entend
au loin, un couple allemand qui se chamaille et de jeunes anglaises qui
rient, le tout orné de lumière, de chaleur et de senteurs boisées des fleurs
de lauriers qui décorent et parfument tous les endroits de nos rêves.
Le lierre envahit les vieilles bâtisses, dévoile quelque ruine d'un
style que l'on ne connaît qu'à travers nos livres d'écoliers.
Alors on apprend que ce petit coin de Paradis a fait l'objet de plusieurs
convoitises à travers le temps et à travers diverses civilisations.Les
Grecs, Romains, Espagnols, Arabes ou Turcs ont foulé ce sol et ont constitué
la culture liparienne d'aujourd'hui.
On peut retrouver alors des spécialités culinaires d'autres États méditerranéens
: l'huile d'olive, l'origan, les capres, le piment....son tous présents
sur le marché local et se veulent les spécialités du pays.
Ce
qu'il faut savoir, c'est que sur ses îles tout est spéciale et unique,
sa géographie par exemple ! Un paysage de petites montagnes qui laisse
deviner une période estivale intense et chaude par la flore épineuse qui
se développe. Ne soyez pas surpris de pouvoir cueillir des mures comme
on cueille les marguerites en France. Mais le plus beau s'est probablement
les carrières de ponce et d'obsidienne. Déjà en bateau, la montagne nos
ouvre ses flancs blanchâtres et nous laisse deviner une exploitation intense
à travers tous les siècles. Plusieurs usines désaffectées et pontons rouillés
laissent tout touriste indigné.
Encore une fois, l'homme, après avoir dépouillé les richesses de sa
terre est parti sans dire merci.
Ces îles sont en fait des archipels volcaniques actifs ou pas. Sur
les cartes I. G. N., on peut deviner les volcans éteints, des montagnes
en forme de cratère.
Vulcano, le Stromboli, l'Etna ne semblent exister que pour les touristes
mais je sais que la nature n'a pas dit son dernier mot, aujourd'hui silencieuse,
demain peut-être plus bavarde et moins amusante.